On a croisé Benjamin Damage, premier héritier de l’écurie 50Weapons, à Igloofest.

Benjamin Damage est définitivement l’un de nos artistes chouchou depuis la sortie de son premier Ep sur le label 50Weapons que l’on aura, pour notre part, vraiment suivi de près à partir de 2011. Avec les tracks Swarn et Headache, Benjamin a dès le début fièrement brandi un étendard techno des plus puriste. Froid, mécanique, aliénant, rapide, mais riche en fioritures sonores assez recherchées pour les faire ressortir sur les dance-floors au rang de tubes.

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Ce jeudi 4  février, l’artiste clôturait la tournée finale de 50Weapons à Montréal durant Igloofest, sans conteste le meilleur évènement dédié aux musiques électroniques au coeur de l’hiver, et qui plus est, au sein d’un line up débile comprenant les allemands Modeselektor, Siriusmodeselektor, Shed et l’américain Truncate.

« It was great. It’s amazing that everyone comes out in huge winter coats and dances at sub-zero temperatures. »

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Déjà venu à Montréal en 2014 à bord du MEG BOAT durant lequel même le capitaine  de la compagnie AML s’est vu ravi de profiter de 2 heures d’acid techno sur son pont extérieur, Benjamin ne découvrait donc ni la ville, ni le public montréalais cette année.

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« It’s a beautiful old city with great architecture, amazing food and good people. »

Mais bien évidemment, Igloofest, le festival aux conditions extrêmes (même si cette année les températures y ont été clémentes) et aux décors de glace agrémentés de visuels performés par les meilleurs VJ en ville n’a pas laissé l’artiste britannique indifférent. Ici, c’est Montréal. Et oui Ben, les montréalais dansent en Février dehors à des températures négatives. Leur pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver.

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Il aura fallu deux albums à Damage pour s’imposer sur la scène internationale. Heliosphere en 2013 (cette belle année où nous l’avons découvert sur scène à Movement, Detroit), et Obsidian en 2015, tous deux parus sur 50Weapons.

« The connection was from Jackmaster. »

Modeselektor l’ont donc découvert lors d’un Dj set de Jackmaster et se sont aussi mis à le jouer, notamment sur un podcast pour Resident Advisor. De là, les artistes se sont finalement rencontrés au fameux club londonien Fabric.

« They thought I was a bit of a crazed fan at first, but when I told them I made the tune they were super happy, gave me their email and kept it touch from then. I was the first outside artist to sign for 50Weapons when they started to build it. »

On retiendra de son premier album les bien mélodieux titres Laika, Together et Light Year pour leur côté épique qui dévoile un jeune producteur aux multiples facettes. Obsidian ne dément en rien la thèse du compositeur dont le DJ aurait tout à envier. Suffit de se perdre dans les titres sinueux et émouvants que sont Parallax View et Poly… Et c’est finalement en jasant production que l’on découvre les influences à la base de ces pépites, la jungle et le breakbeat qui pleuvent toujours autant sur la scène anglaise, le cinéma, celui de Lynch, de Kubrick et de Cronenberg.

« Musically I still get a lot of influences from old Jungle and breakbeat. There is something magical and honest about that sound.

For atmospheres I get a lot of influences from films. People like Lynch, Kubrick and Cronenberg always create very interesting and powerful moods. »

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Aussi, déménager pour Berlin aura joué un rôle clé en termes de stimulation et de créativité constantes :

« In Berlin techno is really everywhere. You hear it in shops, even in standard mobile phone stores. It comes out of tiny transistor radios when you are walking past building sites. It gets into your head and stays there. »

On pose donc la question : À quand une performance LIVE de Benjamin Damage à Montréal ?

« I’m focusing on developing my live show right now. Its already really fun to play, I just want to add a few new toys. »

Côté gigs, c’est une belle année pour l’artiste qui enchaine les dates, de festivals en clubs. Notre curiosité a été piquée par sa performance à Astropolis l’Hiver, à Brest ce mois de Janvier, une nébuleuse festive que l’on connait bien :

« The people in Brest party really hard. Its a bit like the UK in that way, except they love techno even more. »

***

Ses coups de coeurs :

Du moment : Oneontrix Point NeverDe toujours : Trent Reznor.

Son process créatif :

« Jamais vraiment le même. Et essayer de reproduire quelque chose n’a jamais vraiment fonctionné par moi. Je pars de rien, je joue avec mon matériel en mode jam jusqu’à ce que quelque chose en ressorte et c’est à partir de ce moment que la vraie construction d’un morceau commence. »

Où le suivre :

https://www.facebook.com/BenjaminDamage

https://soundcloud.com/benjamindamage