Un parcours sonore made in MTL : Claire.

De l’ouest canadien à Montréal, du Laïka à Garorock, de Garorock à MUTEK, et de MUTEK au Club Der Visionaere à Berlin… Claire est une fonceuse et une passionnée. Elle dit devoir tout à un entourage d’artistes locaux fantastiques qui l’ont épaulé et on veut bien la croire. Mais notre avis est que sa grande capacité de Dj à s’adapter à tout auditoire, sans pour autant perdre sa marque, alliée à son élégance et sa finesse à la production y sont pour beaucoup dans le fait que l’on croise son nom régulièrement un peu partout. Très humble et d’une nature enjouée, derrière ses disques comme simplement derrière un café, elle nous raconte un peu ici qui elle est : son histoire, ses goûts, ses projets, son amour pour Montréal et son actuelle concentration sur le développement de son projet live.

Comment en es tu venue à faire de la musique ?

Ma mère est violoniste et j’ai moi-même pratiqué cet instrument dès mes 5 ans pendant 7 ans, juste avant d’entrer dans une phase de rébellion punk-rock. J’ai à ce moment là troqué mon violon pour la basse et le chant. Mon adolescence m’a mené vers les raves et le fameux techno qui va avec, puis j’ai été invitée à participer à un évènement privé dans les bois où j’ai pu pour la première fois approcher les Djs de près. Dès que j’ai vu la manière dont ils manipulaient les platines et le mixeur, l’envie de m’y mettre m’a prise. Mixer des sons ensemble a plutôt été un jeu au début mais c’est bien vite devenu quelque chose d’essentiel dans ma vie.

Tu nous fais un recap de ta carrière musicale ?

Ma première gig était à Halifax au “Reflections Cabaret” en janvier 2001. À cette époque je vivais dans Les Maritimes et j’étudiais le théâtre. J’ai joué dans toute la région, à Halifax, Moncton, Fredericton et aux festivals comme Evolve… Chaque fin de semaine était une nouvelle aventure en club, en party ou en festival…

Je me suis installée à Vancouver en 2005, en pratiquant toujours le djing mais en étant de plus en plus piquée par une curiosité certaine pour la production. Mon petit ami à cette époque (Bryan Wells) avait lancé un label (danksoul) et était dans la production musicale avec les logiciels Reason et Ableton Live. J’ai fais quelques premières expérimentations sans jamais vraiment finir quoi que ce soit. Puis j’ai lancé ma première soirée et y ai invité Pheek de Montréal.

En 2008 je partais pour Montréal faire ma Maitrise en communication à Concordia. J’avais gardé contact avec Pheek qui m’a aidé à trouver une place en ville que je partageais avec l’artiste Mossa. Jeremy m’a sérieusement mise sur les bonnes rails en me menant aux bonnes places dès ma seconde journée à Montréal :

« I heard you’re a good techno DJ. You should play at Laïka. »

Bruno (le propriétaire) n’était pas là mais un ami de Mossa qui était résident a eue la gentillesse de me proposer de jouer avec lui en back to back, ce que j’ai fais durant 3 semaines avant que Bruno ne sorte de son bureau : « Wow this is nice music ! Who are you? You’re playing in my bar ! How come I don’t know you? ». Il m’offrait plus tard une résidence et c’est ainsi que j’ai pris mes premières marques à Montréal. Mossa m’a aussi poussé à commencer sérieusement la production. L’artiste Stefny, devenue mon amie, m’a beaucoup éclairé sur la technique, la manière de structurer un morceau et de manipuler les sons. Nous avons créé un projet live techno ensemble, SWACK, et de là les choses ont juste évolué naturellement. Aujourd’hui, performer en des lieux qui me parlent beaucoup en Europe comme le Club Der Visionaere à Berlin m’intéresse particulièrement. Sinon j’affine mes techniques de production et de performance live en plus de continuer à travailler et prendre du plaisir avec le mix.

Montréal est un véritable laboratoire pour les musiques électroniques avec des festivals tels que MUTEK, Elektra ou Piknic et Igloofest qui témoignent de sa richesse. Est-ce difficile d’être un artiste de cette scène en terme de visibilité, de dates, de reconnaissance ou justement les opportunités sont-elles nombreuses ?

En tant qu’artiste, être au centre de ce kaleidoscope de talent m’inspire beaucoup. J’ai un entourage extraordinaire au sein duquel on trouve beaucoup d’artistes… D’autres de mes amis aiment juste beaucoup sortir et danser… Ce milieu, tout comme la nouvelle génération artistique montréalaise, est très inspirant. J’aime à penser que nous avons le choix et l’opportunité de travailler tous ensemble et de construire quelque chose de très spéciale au lieu de se mettre en concurrence les uns et les autres. Je pense qu’il y a de la place pour chacun et que chacun a son propre talent à apporter. C’est important de s’amener du support, nous en avons tous besoin, il ne faut jamais l’oublier.

Montréal est une ville tellement inspirante artistiquement. Il y a de la richesse et de nouvelles choses partout ! Des expositions superbes, des installations gratuites et publiques comme les 21 balancoires, de la musique en tout temps et de grande qualité, conceptuelle, recherchée, pas du tout commercial… De la pure magie !

Tu fais du live tout comme du dj set, seule ou en collaboration… tu préfères quoi ? Quelle formule te parait la plus simple ?

J’ai dernièrement commencé à faire beaucoup de live avec Stefny mais aussi seule. En duo, c’est vraiment fun. Seule, c’est pour moi un challenge mais je commence à bien m’amuser dans cette formule là aussi. Mixer est définitivement plus facile pour moi puisque je pratique depuis 15 ans à présent.

La plus compliquée ?

Le live. Sans aucun doute. Mais ce qui me plait dans le live, c’est la nouveauté et la place que ça laisse pour aller toujours plus loin. Il y a là un côté beaucoup plus intime. J’adore mixer, je suis tellement heureuse quand je fais ça. J’aime le côté impro de la chose et le mood du moment présent unique que ça génère. Mais le côté live prend en ce moment une grande part de mon temps et de mon intérêt pour ses possibilités infinies… Je suis très excitée à l’idée d’explorer encore plus cette voie.

La plus inspirante ?

Les deux, vraiment. Le live est plus personnel mais le Djing est très méditatif, il me permet de ressentir une énergie incroyable… Et sur certains festivals, afters ou clubs comme le Club Der Visionaere, mixer peut être une expérience absolument fantastique.

Ta gig montréalaise la plus marquante ?

Igloofest 2014 ! En ouverture de la scène principale… Superbe expérience. Il neigeait de jolis flocons sur le dancefloor et c’était tellement plaisant de voir mes amis arriver les uns après les autres sur la piste et de les voir danser là et me supporter… Encore plus fou de voir la place se remplir de 0 à 8000 personnes en 90 minutes !

Ta gig à l’étranger la plus marquante ?

Garorock 2014. Après avoir joué en Allemagne le samedi soir, j’ai pris 2 avions, un train et fait encore un trajet en voiture pour y faire un set sans avoir dormi… Les gens étaient en feu !!!

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Ton meilleur versus ton pire souvenir sur scène :

Meilleur – Garorock !

Pire- Jouer avec Traktor quand ça ne marche pas. Une chance que je suis retournée aux vinyles et que j’ai appris à mixer avec des USBs.

Ce qui pour toi fait un artiste accompli ?

Quelqu’un autant à l’aise pour mixer, que pour composer et performer live. Qui a aussi sorti du matériel inspirant sur un label respecté. Un exemple ? Akufen : Un artiste complet.

 La plus grande difficulté à laquelle tu as du faire face en tant qu’artiste :

Gérer mon temps entre la préparation de mes sets, de mon live, les gigs, les déplacements que cela comprend, et la production de morceaux.

Et ta plus grande satisfaction :

Ce serait entre un beau set auquel les gens répondent (encore plus quand ils viennent me voir après pour me dire quels tracks ou moments les a fait voyager et danser) et produire un morceau en sentant au fond de soi qu’il a quelque chose de particulier.

Les artistes qui t’inspirent :

Ricardo Villalobos, Akufen, Mathew Jonson.

Les 3 tracks que tu écoutes en loop en ce moment :

Magnanime – Don’t wait for me (Akufen remix)

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Lawrence – Marble star

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SHCAA – Masquée

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Les 3 tracks incontournables qui reviennent souvent dans tes mixes :

Mathew Jonson – Return of the zombie bikers

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Matt John – Interview

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Markus Nikolai – Shake!

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Si tu devais te résumer en tant qu’artiste en un morceau :

Horror Inc – Dans La Nuit

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Si tu devais te résumer en tant qu’artiste en un gif :

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On te voit où ces prochains mois ? Tes projets ?

Je joue à MUTEK ce vendredi de 7.45pm à 9pm. En Juin je suis en studio. En Juillet j’ai une gig SWACK au Daomé avec Stefny puis je serai au festival AIM, à Future Forest au Nouveau Brunswick et à Montréal au Village au Pied du Courant. Aussi les Vendredi au Laïka de 10pm à 3am et quelques gigs aux Jardins Gamelin… Je retourne en Europe au mois d’ Août… Un bel été chargé ! Je suis à Paris avec le crew CrazyJack, aux côtés de Julie Marghilano le 19 Août et au Club der Visionaere le 5 septembre. J’espère pouvoir trouver d’autres dates autour de ça et faire un joli mini tour.

Promoteurs européens si vous avez bon goût, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

 Écouter Claire :

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