Woulg, tribulations d’un ovni électronique.

– English follows –

On aura vu Woulg pour la première fois lors d’un show du MEG au Divan Orange en mai 2013 et depuis, chacune des apparitions de cet artiste en nouveaux médias équivaut à un petit coup de massue sur la tête. Surprenant, se baladant sur tous les registres électroniques, d’électro à techno, de techno à expérimental, d’expérimental aux beats les plus noisy, dub et décalés, il n’en oublie jamais que le public est là pour vivre l’instant et le dance floor. On danse avec plaisir et sans cassure sur les rythmes divers et les sons futuristes de Woulg. On acclame plus que tout ce genre d’accessibilité d’un jeune homme au style franchement décalé, affirmé et à l’avenir certain.

Photo en une :©Vinoth Varatharajan – SAT 2016.

Ces 3 dernières années on a vu ton nom peu à peu annoncé partout… Peux-tu nous résumer ton parcours ?

Je fais de la musique sous le nom de Woulg depuis 8-9 ans mais c’est ces 3 dernières années qui ont été décisives, suite à mon installation à Montréal. Durant cette période, je me suis produis plusieurs fois au MEG et à MUTEK mais aussi à Toronto, New-York, Boston… avec une petite tournée en Europe. J’ai aussi présenté ma performance Ring Buffer à Vancouver, Calgary et Bogota en Colombie. En Europe, j’ai tourné avec mon projet A/V à MUTEK.ES (Barcelone), au campus de Berklee (Valence), à l’Institut du film britannique de Southbank (Londres) et au festival de mapping de Genève, entre autres. J’ai aussi signé des albums sur les labels Outlier, Terra Null, Enigmatik,  et des remixes sur les deux premiers ainsi que sur Husoptagelser et Detroit Underground. Ma sortie cette année est d’ailleurs Tiny Moon sur Outlier et mes dates à venir sont en Amérique du Nord dont au Fractal Fest dans l’État de New York, Eclipse au Québec et dans le dôme de la SAT à Montréal (30 juin).

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Je donne aussi des cours de production musicale et de design sonore et ai l’occasion de donner des ateliers à NYU (New-York University), ACAD (Alberta College of Art and Design) et au Campus de Berklee (Valence). Depuis peu je propose des formations personnalisées via Skype avec ma structure http://www.studiomarieanne.com

À en juger ton travail, pour toi le son et l’image ne font qu’un. Performes-tu également sans images ? Te manquent-elles quand cela arrive ?

Je joue parfois sans visuels… Pour moi ils sont plus un moyen de créer une expérience. En réalité les images ne sont pas aussi importantes en elles-mêmes que le process de création en soi. Pour la performance Ring Buffer, elles sont exclusivement les représentations une à une du son dans une forme visuelle (représenté en lignes verticales ou en prints du spectrogramme, par exemple) donc leur but est de plonger l’assistance en pleine représentation digitale de la musique. Elles peuvent aussi être statiques, le point étant de perdre l’attention visuelle du public au profit de l’expérience sonore et de leur propre corps et présence. J’aime assez éviter l’effet TV géante et tout comportement stoïque face à un écran. Dans ce cadre, l’image est un bon vecteur pour s’amuser avec les attentes.

À Vancouver au Symposium International d’Art Électronique (ISEA), j’ai inclus une partie où l’audio reprend l’idée du système en surcharge avec les coupures sonores qui vont avec et l’ai poussé au plus loin avec les visuels qui crashent et montrent l’image du bureau de l’ordinateur distortionnée comme si le projecteur se déconnectait… Je demande même au gars des lights d’allumer la lumière de la salle pour quelques secondes à ce moment là… La réaction du monde est géniale. J’ai parlé à Rosa Menkmann après ça (auteur du Glitch Manifesto, une grande inspiration pour moi), elle m’a dit que c’était juste « evil ». Donc OUI les visuels, c’est très important pour moi car ils font partie d’un tout. J’aimerais même que mes performances engagent tous les sens. Après les images en soi, peut-être moins… (Et oui, Greg fait le distinguo entre image et visuel et se montre pas mal picky sur la sémantique. Ce qui est tout à son honneur. NDLR)

Justement pour ton projet Ring Buffer tu as réalisé sons et images, quel a été ton process ? Lequel de ces deux éléments inspire l’autre ?

L’idée de ce projet là était de faire une sorte de loop. Alors j’ai commencé avec les images. J’ai d’abord écrit un petit script procédural pour déformer des objets 3D dans un logiciel de modélisation puis j’ai « photographié » ces objets sous divers angles. J’ai ensuite converti ces images en son – ce qui a été fait en utilisant l’image comme une sorte de carte de fréquences, le nord et le sud indiquant la fréquence haute et basse, et l’est et ouest correspondant au temps (mouvement d’est en ouest généralement mais c’est pas obligatoire) – puis incorporé ces sons dans ma musique. Quand je joue live j’utilise un spectrographe pour transformer le fond sonore en visuels. J’ai plusieurs loops ainsi créées, partant d’une forme qui se transforme peu à peu jusqu’à en prendre une autre puis revenant à sa forme initiale.

Comment travailles-tu la composition d’album ? Prends tu beaucoup de temps ou produis-tu tout d’une shot ?

Je ne pense jamais vraiment à travailler sur un projet d’album, cela vient de soi-même. Je fais des morceaux et quand je les écoute il arrive que je trouve que certains vont ensemble (sauf si je suis sur une création esthétique particulière ou dans le cadre d’un projet conceptuel) et là je produis quelques tracks supplémentaires pour harmoniser le tout. Non je ne compose jamais rien d’une shot. Certains projets peuvent prendre du temps et je suis souvent en train d’en développer plusieurs tout en sachant que certains ne sortiront jamais du studio.

Tu collabores souvent avec d’autres artistes. Alors au final tu préfères travailler en solo ou co-créer ?

Je préfère définitivement travailler seul. Ceci étant dit, j’apprécie quand même beaucoup collaborer avec du monde sur des projets communs et enseigner aux autres aussi. Mais rien ne se compare à produire ma musique et développer mon esthétique sans barrières, c’est la première raison pour laquelle j’ai commencé à faire de la musique électronique.

Comment es-tu devenu artiste et comment Woulg est-il né ?

Haha, que répondre à ça… J’ai commencé à écrire et jouer de la musique enfant, dès 7 ans, et de fils en aiguilles Woulg est né en 2009 après quelques sorties sous des noms divers et variés et, je pense aussi, de quelques agitations émotionnelles au gré de mon parcours. J’ai étudié l’art à l’école d’Art et de Design d’Alberta et fais une année d’échange à l’école d’Art de Dartington en Angleterre où j’ai appris la composition. Je pense que c’est durant cette année là que j’ai sans doute commencé à mériter le titre d’artiste. Là-bas le prof de philo nous demandait « Avez-vous fait de l’art ? – Non ? Allez en faire ! – Oui ? Faîtes-en plus ! ». C’était pas mal la seule direction que nous y avions… Je me suis mis à composer, et travailler bien plus que jamais auparavant. J’aurais jamais pensé booster à ce point ma créativité en pleine campagne anglaise… Avec le recul d’aujourd’hui cela me semble évident, toutes les conditions idéales étaient réunies.

Tes influences ?

Philip Glass, Steve Reich, Feist, Tom Waits, NWA et Dead Kennedys. Oh et Vaetxh et Access to Arasaka… 

Ta meilleur gig à date ?

J’ai joué dans cette place absolument folle à Francfort l’année passée, une ancienne prison nazi aujourd’hui occupée par un groupe d’anarchistes qui ont organisé une expo très intéressante sur l’histoire du lieu. Chose incroyable, ils font aussi des soirées dans le sous-sol (oui c’est terrifiant comme endroit). Ils ont été les meilleurs hôtes que j’ai jamais eue et avaient préparé ce fantastique buffet vegan avant le show…J’y ai joué mes créations les moins accessibles, les plus barrées et les gens pleuraient, criaient et se prenaient dans les bras…

« It was so insane. It was absolutely insane. »

Là où tu rêverais de te produire ?

Il y a tellement de lieux où j’aimerais me produire et de gens avec qui j’aimerais performer. Évidemment j’aimerais jouer à Unsound, Today’s Art, à tous les MUTEK et à tous ces types d’évènements axés sur l’expérience. Si je devais imaginer le concert idéal je jouerais dans une immense piscine à l’intérieur du cratère d’un volcan éteint, les speakers dans l’eau, les gens devant immerger leurs oreilles pour entendre le show. Avec des lasers. Et un écran de projection suspendu par des drones dont les moteurs seraient réglés à des fréquences différentes. Du coup hors de l’eau on entendrait les accords weird des drones et, sous l’eau, ma musique weird.

Ou peut-être un concert dans un ballon quand le public est sur le toit d’un immeuble que je survolerais avec des speakers. Ou peut-être les speakers seraient attachés à des drones qui se déplaceraient pour générer des sons différents. Avec des visuels projetés sur le ballon… ou les ballons… Il pourrait il y en avoir plusieurs, de chaque côté avec des visuels sur chaque… Ils voleraient en cercles au dessus du toit ! Avec des lasers ! Et là ça devient ridicule !

L’artiste avec qui tu rêverais de collaborer ?

Ryoichi Kurokawa.

Ton meilleur versus ton pire souvenir sur scène ?

J’ai joué une gig il y a un moment assez mauvaise. Je pense que le promoteur pensait que j’étais un dj club à la playlist pop, genre ? Je suis arrivé là, pour la première fois dans ce bar et ai branché le système de son moi-même avec un autre dj, le promoteur n’ayant été nul part toute la soirée. Toutes les 10 minutes, durant mon set assez expérimental (je pensais que c’était le deal vu que j’étais le headliner de la soirée), les gens venaient me demander du Beyoncé et à la fin quand l’organisateur est finalement apparu c’était pour me dire qu’il ne pouvait pas me payer comme convenu… Et quelqu’un a tenté de voler ma veste. Sympa.

Des dates cool j’en ai eue pas mal. C’était peut être pas la « meilleure » mais une fois je jouais à Edmonton et je pensais que la crowd n’était pas dedans du tout jusqu’à ce que durant un break assez calme j’ai levé les yeux pour tomber sur toute une rangée de bouches ouvertes et ai littéralement entendu quelqu’un chuchoter un “woah, how is he doing that?” ! Ça m’a marqué ! Aussi quand j’ai joué à la Nuit Blanche de MUTEK l’année passée, dès le début de mon set quelqu’un de l’équipe est très discrètement venu sur la scène pour me mener une petite serviette pour m’essuyer le front. J’étais épaté de l’effort de ce gars pour m’offrir ce petit confort auquel je n’ai même jamais pensé… Ça m’a paru incroyable. Pas mal tous les évènements liés à MUTEK auxquels j’ai contribué ont leurs petit moment précieux d’attentions particulières de la part du staff. Ils sont épatants.

Les 3 artistes qui t’inspirent le plus :

Pleins d’artistes m’inspirent pour diverses raisons mais les 3 qui inspirent le plus le projet Woulg seraient Vaetxh, Access to Arasaka, et argh le choix est dur… Encanti et Discarded m’inspirent tous deux beaucoup. Autant leur musique que leur manière de travailler et de penser. Discarded a probablement la méthodologie la plus expérimentale que je connaisse pour produire de la musique électronique. Il y a aussi Felix de Terrain Tilt qui m’inspire beaucoup. Il est l’un de mes élèves au Studio Marie Anne et c’est juste un designer sonore fou. Il y a aussi Qebrus…

Ici, liens soundcloud pour écouter quelques uns de ces artistes :

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Les 3 morceaux que tu écoutes le plus en ce moment :

Easy de Son LuxCapture d’écran 2016-06-20 à 21.00.36.png

Hood Politics de Kendrick Lamar Capture d’écran 2016-06-20 à 21.06.36.png

Drawn to the Blood de Sufjan Stevens Capture d’écran 2016-06-20 à 21.07.59.png

Les 3 plus précieux morceaux de ta bibliothèque musicale :

C’est une question difficile que je contourne en répondant avec des albums !

Music for 18 Musicians de Steve Reich Capture d’écran 2016-06-20 à 21.13.05

The Wall de Pink Floyd Capture d’écran 2016-06-20 à 21.14.45

Salop par Les Sécrétions Romantiques Capture d’écran 2016-06-20 à 21.16.40.png

« Arg, it’s too hard. »

The Reminder de Feist, Roman Candle par Elliot Smith, Libet Tones de Vaetxh, James Blake self titled, Crying over pros for no reason par Edit…

Si tu étais un morceau, tu serais ?

The Trial de Pink Floyd hahahahaha Capture d’écran 2016-06-20 à 21.18.59.png

Et si tu étais un .gif ?

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De nouveaux projets ? Quelques attentes et dates à venir ?

Je travaille sur une nouvelle performance avec l’artiste Push 1 Stop et un autre projet solo… Je pense beaucoup aux contrôleurs gestuels et à la vision par ordinateur en règle générale… Évidemment je produis aussi de la nouvelle musique. J’ai une sortie prochaine prévue sur Methlab – http://methlab-agency.com/ et je joue au Dômesicle de la SAT le 30 juin (Fractalfest et Eclipse à venir aussi cet été).

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These last 3 years little by little we saw Woulg announced on every electronic music events in Montreal, discreetly but surely. Can you sum up your career for us?

I’ve been making music under the name Woulg for the past 8 or 9 years, but in the past three years, since I moved to Montreal, I’ve played at MEG and Mutek in Montreal, I’ve played in Toronto, New York and Boston, and last year I toured Europe and performed in Vancouver and Calgary in Canada and Bogota in Columbia with the performance Ring Buffer. In Europe I performed the A/V project at MUTEK.ES (in Barcelona), Berklee’s Masters Campus (in Valencia), the British Film Institute Southbank (in London) and the Mapping Festival (in Geneva), among a handful of other places. In the past three years I also put out 6 solo releases on Outlier, Enigmatik, Terra Null as well as remixes on Terra Null, Outlier, Husoptagelser, and Detroit Underground. This year I released Tiny Moon on Outlier recordings and I will be performing at a handful of North American festivals including headlining Fractal Fest in New York State, Eclipse in Quebec and Domesicle at the SAT projection dome in Montreal.

I also teach music production and sound design, and have had the opportunity to teach workshops at NYU (New-York University), ACAD (Alberta College of Art and Design) and Berklee Masters Campus. Now I offer one­ on ­one lessons over Skype through my company http://www.studiomarieanne.com

Is it right to say that for you sound and images are a all. Do you also perform without visuals? Do you miss it when it happens? Why?

I do perform without visuals sometimes, but for me it’s mostly about creating an experience. In fact it’s not the images that are as important as creating an impression. In the Ring Buffer show, the visuals are almost exclusively 1 to 1 representations of the sound in visual form (for example, drawing the buffer as vertical lines, or printing the spectrogram) ­ so they serve to bring you into the digital representation of the sound. But they also are quite static, and the point of that is to bore the audience a little bit so that they don’t forget to pay attention to the music, and their bodies, instead of standing in a room, watching a giant TV. I really like playing with that, I think we expect to be amused all the time and I think visuals are a great place to play with those expectations. In Vancouver at the International Symposium of Electronic Art, I included a part of the performance where I made the audio sound like my CPU was overloading and the audio was dropping out, and I pushed it even further by making it seem like the visuals crashed and showed a picture of the desktop, distorted as if the projector was having trouble connecting and I asked the lighting guy to bring up the house lights for a second when that happened… Haha, the reaction from the audience was priceless. I spoke to Rosa Menkmann afterwards (the author of the Glitch Manifesto ­ and a big inspiration to me) and she said that it was “evil”. So I would say visuals are very important to me, I’d love for my performances to engage all the senses, but I don’t know if I would say that “images” are as important to me. I guess it’s funny to be so picky about semantics, oh well.

For your project Ring Buffer you realized the music and the visual, which one inspires the other first? What’s your process?

For the project Ring Buffer the idea was to make a sort of loop. So, first I started with the images, for one aspect I wrote a little procedural script for deforming 3D objects in 3D modelling software, and then I “photographed” those objects from different angles in the software. I then converted those pictures into sound ­ this was done by using the image as a sort of frequency map, north and south indicate up and down in pitch, and east and west are time (moving from east to west generally but not necessarily) ­ and then incorporated those sounds into my music. When I perform, I use a spectrograph to turn the audio back into visuals. There were actually a couple loops like this, starting with one and moving through the other form and back into the first, but this was the “main feature” of the piece.

How is it for you to work on an album? Do you take your time or do you compose everything one shot?

I don’t usually think about it as “working on an album” until the last moment really. I usually just make songs and then as I listen to them I realize that they fit together (either from a conceptual or just from an aesthetic stand point) and then I’ll usually make a couple more tracks to make the whole thing flow nicely and to tie up any loose ends. I definitely wouldn’t say that I compose everything in one shot, I usually have a couple albums that I’m working on at the same time (some don’t get released).

You also collaborate a lot and offer your musical talent to other projects. What do you prefer between working alone and sharing a project with other artists?

I definitely prefer working alone. That being said, I really like working with other people too, and I really really enjoy teaching. But nothing really compares to the feeling of working on my own music by myself, that’s why I started making electronic music in the first place.

How did you become an artist?

Haha, I’m not sure how to answer that. I started writing and playing music when I was 7, and through various typical twists and turns I arrived at the beginning of the Woulg project in 2009 after a couple other releases under different names, and I guess because it was sort of a reaction to some emotional turmoil it sort of stuck. I also studied art at the Alberta College of Art and Design and I did an exchange year at the Dartington College of Arts in England where I studied composition. I think, in all honesty, it was that year at Dartington that really made me into an “artist”. The teaching philosophy was sort of to ask “have you made any art?” and if you answered yes, they would say “ok, go make more” and if you answered no, they would say “ok go make some then”. That was pretty much all the direction/structure that we got but I ended up

making way more art and writing way more music that year than ever before. Who knew that being stranded in the middle of the English countryside with a bunch of similar minded artists and all the right tools just shifts a persons creative drive into fifth gear… in retrospect I guess that is pretty obvious.

Who are your influences?

Philip Glass, Steve Reich, Feist, Tom Waits, NWA and The Dead Kennedys. Oh and Vaetxh and Access to Arasaka. Those are probably my biggest influences.

Your best gig ever for the moment?

I played at this crazy place in Frankfurt last year, it used to be a nazi prison and now it’s occupied by an anarchist group that has put together a really interesting exhibit that details the history of the space. They also throw parties in the basement (and yes it is absolutely terrifying down there). They were the best hosts I ever had and they made a big vegan feast before the party and the people were really welcoming and I just totally let loose for the set, I played all my weirdest, hardest, most fucked up music and people were like crying and hugging each other and screaming. It was so insane. It was absolutely insane.

The gig you’d dream to perform at?

There are so many different places and people I would love to perform with, that is such a hard question. Obviously I’d love to play at Unsound, Today’s Art, all of the Mutek’s, and all the rest of the festivals like that, but if I had to imagine a concert I would want to play for people in a giant swimming pool inside of an inactive volcano with the speakers underwater so people had to dip their ears in to hear it. With lasers. And maybe a big projection screen suspended by drones that have their motors tuned to different frequencies so that when your head is above water you hear a weird chord played by drone motors and underwater you hear my music.

Or maybe a concert in a balloon where the audience is on a rooftop I just fly by with speakers. Or maybe the speakers are attached to drones and the drones fly around to spatialize different sounds. Like a crazy multichannel work with the visuals projected on the inside of the balloon and the audience watches from a rooftop nearby. Maybe there are more balloons on every side and the visuals are on the balloons and the balloons fly in circles around the rooftop! And lasers. Ok this is getting ridiculous hahah.

The artist you’d love to collaborate with?

Ryoichi Kurokawa.

Your best vs your worst memory on stage?

I played a gig a while ago that was pretty bad. I think the promoter thought I was just a regular club dj or something? Basically I got there, first time ever in this bar, had to set up the sound system myself with another dj, promoter was nowhere to be found for the whole night, every 10 minutes during my set which was really experimental (I figured it would be ok since I was supposed to be headlining) people would come up and request Beyonce or something, and then at the end the promoter finally showed up and said that he couldn’t pay what we agreed on, and then someone tried to steal my jacket.

There were a couple other really memorable ones, maybe not the “best” but one time I played in Edmonton and I thought the crowd was really not into it until the music was quiet for a moment and I looked up and the whole front couple rows had their mouths open and I literally heard someone in the front row whisper “woah, how is he doing that?”. Also when I played at Mutek’s Nuit Blanche event last year, right as my set was starting, one of the staff sort of crawled onto the stage (he was staying low to not be seen by the audience) and handed me a little towel to wipe my forehead with. I was so shocked at the lengths that this guy went to to give me this little luxury that I had never had on stage before and had never even thought to want, it was incredible. Almost every Mutek related event that I’ve played has had some little golden moment like that where the staff goes to some extreme length to do something that just makes a whole world of difference. They are really amazing.

The 3 artists who inspire you the most :
A lot of artists inspire me for a lot of different reasons but I guess the 3 who inspire the Woulg project the most would have to be Vaetxh and Access to Arasaka, and then, agh I can’t pick. Encanti and Discarded both inspire me a lot. Their music inspires me but also speaking to them inspires me a lot because of the way they work and the way they think. Discarded probably has the most experimental methodology for making electronic music I have ever even heard of. Also Felix from Terrain Tilt is really inspiring to me. He’s one of my students at Studio Marie Anne and he’s just an absolutely wacky sound designer. Also, Qebrus.

The 3 tracks you listen to the most at the moment :

Easy by Son Lux

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Hood Politics by Kendrick Lamar

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Drawn to the Blood by Sufjan Stevens

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The best 3 tracks ever for you:

That is a hard question, can I do albums instead of tracks? I don’t usually listen to just one track.

  • Music for 18 Musicians by Steve Reich
  • The Wall by Pink Floyd
  • Salop by Les Secretions Romantique

Arg, it’s too hard.
The Reminder by Feist, Roman Candle by Elliot Smith, Libet Tones by Vaetxh, James Blake self titled, Crying over pros for no reason by Edit. Ok I’ll stop…

If you could represent yourself as a track, that would be :

The Trial by Pink Floyd hahahahaha Capture d’écran 2016-06-20 à 21.18.59

If you could represent yourself as a gif, that would be :

giphy

 

What are your next projects? 
I’m working on a new show with Push 1 Stop and a new solo project. I’m thinking about gestural controllers a lot, and computer vision in general, and of course, I’m making more music. I have a new release coming out soon through Methlab ­ http://methlab­agency.com/ and I’m playing at Domesicle at the SAT on June 30th, and at Fractalfest and Eclipse this summer.

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Où suivre Woulg / To follow Woulg :

https://www.facebook.com/woulg.music

http://woulg.bandcamp.com/