Arno Gonzalez : L’homme qui fait danser Angers (et plus encore…)

Le public Montréalais a eue l’occasion de te voir sur scène en 2012 au Piknic Électronik et en 2013 à la Berlinoise de la Bacchanale, tu nous rappelles ton parcours artistique pour ceux qui t’auraient manqué ?

j’ai commencé à mixer en 1998 à Angers en France tout en m’intéressant à la MAO. Bref passage aux États-Unis en 2001… Je rentre les bras chargés de vinyles et commence à tourner en partageant ma passion pour la house et la techno. Mes premières productions sortent sur le label parisien Missive aux côtés d’artistes tels que Tiefschwarz, Sei A, Mister J ou encore Charles Webster. J’ai sorti en 2016 mon 2e album chez Timid Records et me produis sur scène en live ou dj set.

En plus d’être producteur et Dj, tu es très actif au sein de la communauté angevine au point de proposer d’ici peu un festival pour la première fois, tu nous racontes comment d’organisateur de petites soirées on en arrive là ?

Tout a commencé en 2002 par un délire de potes qui a grandi et dépassé mes plus folles attentes. Les soirées « Modern » étaient au départ des soirées mensuelles dans un club généraliste durant lesquelles j’invitais des artistes rencontrés en tournée ou dont j’appréciais la musique. Puis le club a fermé mais la soirée, ayant un certain succès, a trouvé un second souffle au Chabada, la salle de concert angevine.

Depuis 3 ans, nous travaillons avec Florian Champion à développer tout ce qui a été mis en place depuis si longtemps : Les soirées « Modern » avec leurs différentes déclinaisons, (Modern Factory au Chabada, Garden Modern au Château de Pignerolle, Modern Club… ) et les « Domingo », nos événements dominicaux.

Le MODERN FESTIVAL est la suite logique de l’histoire, proposer un vrai festival avec une programmation internationale dans notre ville.

Tu as organisé un Piknic Électronik (oui, oui, tout comme le nôtre au parc Jean Drapeau) dans ta ville en 2013… une belle expérience ?

La première belle expérience a été de venir jouer mon live au Piknic Electronik (le vrai à Montréal) grâce aux amis du festival Astropolis. Donc merci à eux. Ensuite, la rencontre avec la programmatrice du Piknic a permis de développer un lien entre la ville d’Angers, le Piknic et le Chabada pour une première édition. Nous avons eu la chance d’organiser 2 éditions gratuites sur les bords de Maine en plein centre ville d’Angers avec des artistes tels que Carl Craig, Molly, Rodriguez JR, Van Did, Locomote,… Dommage que la poursuite du projet a quelque peu été abandonnée par nos interlocuteurs à la ville mais nous continuons d’essayer de faire perdurer cet état d’esprit familial, ensoleillé et musical au travers d’autres évènements. Donc merci le Piknic de nous avoir fait confiance, une première pierre a été posée grâce à vous, les cousins canadiens !

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Arno @Piknic Électronik – Montréal, 2012. ©Marie Larocque.

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Piknic @Angers, 2013. ©B.

C’est pas trop dur à gérer d’être à la fois Dj, producteur et organisateur ? Laquelle de ses casquettes est celle que tu préfères porter et pourquoi ?

DJ et producteur, sans hésitation. C’est de la création et du kiffe que tu partages avec un public sur scène. L’organisation de soirée, c’est presque un sacerdoce, c’est stressant, tu te prends souvent que le côté négatif et les problèmes de tout le monde dans la tronche. Les gens ne se rendent souvent pas compte de ce que cela implique de développer une soirée ou un festival. Le côté fun est la toute petite partie visible de l’iceberg. Bravo à tous ceux qui le font dans l’ombre, il faut vraiment de la passion. Dans les 2 cas, la vraie récompense est de voir un public heureux !

Depuis quand fais-tu de la musique exactement ?

J’avais un cousin qui jouait dans un groupe quand j’étais petit et je me retrouvais souvent dans sa chambre, fasciné par son synthétiseur et sa batterie. Peu de temps après, on m’offrait un clavier pour Noël. Je devais avoir 10 ans quand j’ai pris mes premiers cours de solfège et de piano. j’ai composé mon premier morceau à 20 ans après avoir découvert la MAO et le Djing en 2000.

Comment est né le désir d’en faire ?

J’ai grandi dans les années 80 donc j’ai été forcément marqué par Jean-Michel Jarre et la New wave. J’étais fasciné par ces sons synthétiques et je remarquais très vite que le clavier « Bontempi » ou « Bon, Tant pis » de mon enfance ne me permettrait pas de réaliser des prouesses de sound design et encore moins de simuler les ronflements de Ferry’s Bueller pour sécher les cours. C’est donc cette frustration qui m’a poussée à essayer d’en savoir plus. Par la suite, Jean Philippe Sourice, un ami de mon frère et membre de la formation House « La Cellule » m’a montré comment réaliser mes premiers remixes et m’a mis sur la voie de la MAO. Je pouvais enfin enregistrer mes sons, appliquer des effets, cutter, utiliser le midi, commencer à mettre en place ce que j’avais en tête et découvrir un univers de création sans limite…

C’est quoi ton process pour produire de la musique ?

La page blanche. Pour chaque nouveau projet, j’aime repartir de rien, ne pas utiliser de presets déjà enregistrés. Le processus de création est plus long mais je le trouve plus intéressant et gratifiant. J’essaye également en ce moment de laisser une plus grande part à l’improvisation dans la production mais également en live.

C’est quoi ton ressenti sur l’évolution de la scène électronique depuis tes débuts à aujourd’hui ?

J’essaie désormais de prendre du recul sur les effets de mode. J’ai vu passer au moins 3 cycles de « La house c’est de la merde, il faut jouer de la techno », « La techno c’est de la merde, il faut jouer de la deep-house », « ralenti ton bpm », « non en fait il faut jouer plus rapide ». La qualité n’est pas une histoire de style musical et encore moins de BPM.

En ce qui concerne le mouvement en lui-même, nous traversons en ce moment un nouvel âge d’or de la musique électronique. Une bonne partie des kids qui avaient découvert Justice, les Daft Punk, ou les bouses EDM ont grandi et découvert toute la richesse et les origines de ce mouvement. Ils s’arrachent aujourd’hui sur Discogs les disques que l’on jouait il y a 15 ans, la boucle est bouclée, nous parlons désormais le même language et putain c’est cool !

Tes principales influences, aussi bien musicales qu’autres :

Je pense que les films de science-fiction m’ont beaucoup influencés dans mon apprentissage de la musique. Il suffit d’écouter le thème de Blade Runner par Vangelis pour comprendre l’impact que cela peut avoir sur un adolescent. Les synthétiseurs représentaient pour moi le prolongement technologique que je voyais dans ces films. C’était le son du futur, et il existe aujourd’hui. Il suffit de voir le générique de Stranger Things (La série sortie sur Netflix cet été à voir absolument) pour comprendre que cela a marqué toute une génération.

Par la suite, la collection de disques funk, disco et deep-house de mon grand frère m’a également complètement fait comprendre cette donnée indéfinissable que l’on appelle le groove. Le futur, la technologie, le groove, l’essence même de la techno.

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Tes 3 tracks fétiches :

Technasia – The Force

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Mr. Fingers – Can you feel it

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Blaze – Can you dance to my Beat (Derrick Carter Remix)

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3 des tracks que tu écoutes en loop aujourd’hui :

Block 16 – Electrokution

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Romanthony – Bring you up

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Oli & Ola – Just a little bit of jazz

Celle que tu joues le plus souvent :

Uprock 3000 – Headspin (Ghetto mix)

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Celle que tu mettrais en fermeture d’un set incroyable (le genre public en grosse folie, murs qui suintent, grosse communion, tout ça)

Lcd Soundsystem – YEAH

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Ton meilleur souvenir en performance ?

Astropolis 2008 / Astrofloor / Manoir de Keroual.

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Tu as tous tes amis dans le public. Tu joues au festival que tu respectes le plus, sur la plus grosse scène, à l’horaire où le public commence à devenir bien fou. Les conditions techniques sont parfaites. Un moment riche en émotions, en apesanteur, suspendu dans le temps, les poils sur les bras se lèvent à la moindre montée et ma gorge se serre à la fin du set en repensant à un ami que je venais de perdre et qui aurait aimé être là. Ce set était pour lui, pour le public d’Astro, pour mes amis, un moment que je n’oublierai jamais. Merci Astropolis !

Notre question favorite : Si tu devais te définir avec un .gif, tu serais ?

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Des sorties, gigs de prévu ?

Je me produis le 15 octobre à Angers au Mixape avec Scan X [Live] et le 22 à Bourges pour une “RAVE ON”.

Donne nous 5 raisons de venir au Modern Festival ?

JOSH WINK / OCTAVE ONE LIVE / POINT G LIVE /

DOMINIK EULBERG / CABANNE

… Ça fait déjà 5 mais je continue…

MARGARET DYGAS / S3A / RYAN CROSSON / DAVE AJU / MARC SCHNEIDER / COMBE BROTHERS / EDDY SCO / DAVID GUETHARY / PEPSO & ALEXHINO / VEDETT / ARNO GONZALEZ LIVE / THOMY & ALEX / COTTIN & PLAYMO / BRIXI ELYSSE / BEAUJEAN / PAPAYE / JL / LES OEILS / AV EXCITERS / INITIATION ET PERFECTIONNEMENT MAO & DJ /

LES MECANIQUES POETIQUES par EZ3kiel /

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