Et Naissance Musik fût : Entrevue avec Hear.

Généreux dans la vie comme dans son process musical, Sary aka Hear compte parmi les figures de la scène montréalaise électronique dans son côté le plus groovy de la force. En tant que Dj son répertoire varie de l’electronica à des choses plus techno quand le producteur en lui se ballade de sons organiques, minimaux et expérimentaux jusqu’à des rythmiques plus poussées, toujours très élégantes. Comme tous les grands passionnés de musique, Sary n’a qu’un mot d’ordre : la surprise sans frontière de genres. Installé à présent à Berlin, il a lancé il y a peu sa propre étiquette : Naissance Musik.

– Ton truc à la base c’était de faire des films. Comment en es-tu venu à faire de la musique ?

Je crois que l’audio et le visuel sont deux mondes qui se connectent très bien et qui marchent en symbiose. Le son a toujours été essentiel à mes images. J’étais même déjà DJ et grand collectionneur de musique depuis l’enfance quand j’ai commencé mes études en Cinéma. J’avais 16 ans la première fois que j’ai mis les pieds en club et j’en rêvais déjà depuis longtemps ! Pendant ces études je commençais parallèlement à faire des house party… Puis à jouer dans quelques lofts et clubs qui ont fermé depuis… Petit à petit les choses ont commencé à bouger pour moi à Montreal et de passion, le djing est devenu une activité essentielle dans ma vie. J’ai eue d’abord une résidence à Beirut puis aux soirées Made In Montreal. Quand je me suis mis à la production, les choses ont commencé à devenir plus sérieuses encore et là je me suis mis à y consacrer tout mon temps.

– Ton meilleur souvenir de gig :

Les soirées Made In Montreal resteront gravées, uniques en leur genre : Ça a commencé dans mon appartement circulaire sur St Laurent. Je n’avais pas de voisin et vivais au dessus d’un club, en plus d’avoir un très bon système de son. C’était bien sûr des soirées gratuites entre des cercles d’amis. Je mixais de vrais marathons parfois toute la nuit, parfois avec des artistes internationaux qui jouaient en ville. Puis ces soirées ce sont étendues un peu partout en ville, passant par des clubs ou des lofts qu’on mettait parfois une semaine à aménager… Mais rien ne pouvait surpasser le côté intime et unique du house party…

En date plus professionnelle je dirais le Piknic Electronik et le Rude Cruise sur un bateau à New York.

– Le pire ?

Avoir accepté en 2004 de jouer back to back avec quelqu’un que je ne connaissais pas. Nos styles de musique étaient juste non compatibles…

– Celle dont tu es le plus fier ?

Mutek 2013.

– Tu es aussi producteur et on est personnellement très fans de ton album Sonic Limbo paru en 2013 sur Archipel, très élégant et sophistiqué. Tu as travaillé combien de temps sur ce projet là ?

Tout est parti d’un EP sorti sur le label Archipel fin 2012. Puis c’est justement l’invitation à jouer à Mutek qui m’a poussé à travailler 3-4 mois mon live. L’album est né de ce processus là.

– Entre la performance Live et le Dj set… Ta préférence ?

C’est deux disciplines différentes. Ma préférence va pour l’intuitivité et l’exploration que j’essaie de garder en première ligne pour les deux.

– LA track parfaite pour ouvrir un set selon toi ?

– De tous tes morceaux, as tu un chouchou ? Celui qui a une histoire particulière ou que tu es particulièrement fier d’avoir produit (seul ou en collaboration) ?

En fait j’en ai plusieurs qui représentent chacun des moments forts pour moi :

The Groin, dont le vidéoclip sortira Bientôt. Cette track, c’est ma rencontre avec San Proper qui rendra la sortie de l’ EP possible trois ans plus tard… Tout est parti d’un simple jam chez moi à Montréal… À suivre très bientôt !

Aussi Distant Voices EP avec Move D qui représente deux ans de travail et d’échanges…

Morning Bird, mon premier morceau avec Alexandre Solopov,

Et surtout’ Sonic Limbo’ le premier morceau que j’ai vraiment fini et que Pheek a sorti sur son label Archipel.

– La vie à Berlin ? Elle se différencie comment pour un jeune producteur de celle à Montréal ?

Elle est plus dynamique, avec plus d’opportunités mais avec aussi plus de compétition et moins de partage… Ce qui est dommage.. Montréal reste un paradis sur terre en la matière… L’autre grosse différence avec Berlin, c’est le côte technique. Grand nombre d’instruments et de nouvelles technologies sont créées ici et les ingénieurs de sons courent les rues…

– Comment est né Dream Scoring ? Duo que tu formes avec Hakim Murphy ?

J’ai rencontré Hakim Murphy au festival Freerotation au Pays de Galles puis on s’est mis à jammer ensemble à Berlin. À la base on voulait faire une musique de film pour le dancefloor. Cinématique, mais festive et dansante. On commence à avoir pas mal de stock et on entame un nouveau Live ensemble.

– Et le label Naissance Musik ?

Le label est un collectif qui regroupe plusieurs formations artistiques : Musique, peinture, écriture, films etc… Son fondement, c’est l’échange d’énergies. Il a été créé à Berlin et est distribué mondialement par Diamonds and Pearls. Son premier release était donc du duo que je forme avec Hakim et le second sera celui fait avec San Proper. Pour l’instant les sorties sont juste en vinyl. Le artwork est de Céline Bedat, une artiste française incroyable. Le texte est écrit par l’écrivain français Manuel Benguigui. Le premier vidéoclip pour The Groin est réalisé par Hany Tamba qui a gagné le César du Meilleur Court Métrage en 2006…

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En podcast :

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